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  • En hélicoptère

    Qu'est-ce qui est juste sous notre nez et que nous ne voyons pourtant jamais vraiment ? Le monde, bien sûr ! Ce monde si proche qu'il en devient invisible à nos yeux. Au quotidien, force est de constater que celui-ci se réduit dans notre esprit à un simple espace vide, qu'il faut traverser pour rejoindre la maison, le travail, le collège, ou la maison de vacances... Cependant, il y a quelques jours, j'ai pu constater à quel point celui-ci ne se réduisait pas à ce que nous en voyons le plus souvent, et ce lors d'un vol en hélicoptère à La Baule particulièrement sympathique. Depuis le cockpit, j'ai ainsi pu voir pas mal de paysages fascinants, qui m'étaient familiers depuis le sol, mais prenaient une toute autre dimension depuis les airs. Son principal intérêt a en effet été de contempler à quel point notre monde quotidien est négligeable. Lorsqu'on est sur Terre, plongé dans sa vie, on s'imagine que le monde humain représente tout, et qu'on est soi-même important. Néanmoins, il suffit de voir le monde d'en haut pour que l'ego en prenne un coup et se dégonfle comme une baudruche. A quelques centaines de mètres d'altitude, ces routes et ces immeubles, si grands depuis le sol, se transforment en un décor en miniature. J'ai réalisé que tout ce qui fait notre quotidien n'est en définitive qu'un grain de poussière dans l'immensité du monde. Et que nous vivons l'espace d'une micro-seconde à l'échelle de l'univers. C'est quelque chose que nous savons déjà, évidemment, mais il existe une énorme différence entre le fait de savoir cela et le fait de l'éprouver. Louées soient les sciences, on sait aujourd'hui que l'être humain est loin d'être le centre de l'univers. Mais au jour le jour, cette vérité est perdue. : nous sommes toujours persuadés d'être le centre de l'univers. C'est une incroyable expérience que de quitter son nombril des yeux et de prendre conscience de la vastitude du monde. Si l'occasion se présente un jour, je vous recommande vivement de réaliser ce vol en hélicoptère à La Baule (suivez le lien pour les détails pratiques).

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  • Moins de boulot pour Mohamed que pour Michel

    Selon une étude, les musulmans «sont beaucoup plus discriminés» par rapport aux catholiques en France «que ne le sont les Afro-Américains par rapport aux Blancs aux Etats-Unis». Sur le marché du travail, mieux vaut paraître catholique, que musulman ou juif. Une étude de l'Institut Montaigne publiée jeudi révèle de «fortes discriminations» à l'embauche liées à la religion, surtout envers les musulmans pratiquants. Les chiffres sont éloquents: un candidat perçu comme musulman pratiquant a deux fois moins de chances d'être convoqué en entretien qu'un catholique pratiquant (10,4% contre 20,8%). L'écart est encore plus grand si l'on isole les hommes: 4,7% contre 17,9%, soit presque du simple au quadruple. Ces discriminations frappent aussi les juifs pratiquants, mais dans une moindre mesure: leurs chances d'être convoqués sont inférieures de 24% à celles des catholiques, un écart qui varie peu selon le sexe. Pour arriver à ces chiffres, l'auteure de cette étude, Marie-Anne Valfort, maître de conférences à l'université Panthéon-Sorbonne, a envoyé entre septembre 2013 et septembre 2014, des candidatures fictives à 6.231 offres d'emploi pour des potes de comptables, assistants et secrétaires comptables en métropole. Elle a créé des profils identiques en tous points: des Français d'origine libanaise, noms de famille Haddad, nés à Beyrouth en 1988, arrivés en France au début du lycée en 2003, naturalisés en 2008 et titulaires d'un BTS comptabilité. Une seule différence parmi ces CV: leur appartenance religieuse suggérée par leur prénom: Dov et Esther pour les juifs, Michel et Nathalie pour les catholiques, Mohammed et Samira pour les musulmans ; leur scolarité dans une école confessionnelle et leur engagement dans l'association de scoutisme de leur communauté. L'auteure de l'enquête a ensuite comparé le taux de convocation à un entretien d'embauche entre tous ces candidats fictifs. Le résultat est éloquent: les musulmans «sont beaucoup plus discriminés» par rapport aux catholiques en France «que ne le sont les Afro-Américains par rapport aux Blancs aux Etats-Unis». De quoi relancer le débat sur la question du CV anonyme, un dispositif que le gouvernement a récemment refusé de le généraliser, lui préférant des «actions de groupe» anti-discriminations. Pour étayer sa thèse, l'auteur a créé des profils «laïcs» mentionnant un engagement dans une association de scoutisme laïque. Comparé au taux de convocation des «pratiquants», l'impact est limité pour les candidats juifs. En revanche, les hommes musulmans doublent leurs chances d'être convoqués à un entretien s'ils se montrent laïcs. A l'inverse, les catholiques «perdent à s'afficher comme laïcs», surtout les hommes, dont les chances sont presque divisées par deux. «Il est probable que l'attachement des hommes au catholicisme soit perçu par les recruteurs comme un gage précieux de discipline», suggère l'étude. «Les Français associent spontanément l'islam à l'extrémisme religieux et à l'oppression de la femme», explique Marie-Anne Valfort. «Ces deux stéréotypes vont alimenter une discrimination très forte, en particulier à l'égard des hommes musulmans. Le recruteur les perçoit comme un risque accru de pratique religieuse transgressive sur le lieu de travail et les associe à un risque d'insubordination.» Même les profils d'excellence en termes de diplôme, de compétences et d'expérience n'estompent pas toutes les discriminations. Chez les hommes «la discrimination à l'égard des candidats masculins juifs et musulmans s'intensifie» même, alors que les catholiques «d'exception» ont cinq fois plus de chances de décrocher un entretien que les musulmans «d'exception» et 1,5 fois plus que les juifs «d'exception». «Il est probable que l'attachement des hommes au catholicisme soit perçu par les recruteurs comme un gage précieux de discipline», suggère Marie-Anne Valfort. En revanche, l'étude met en évidence une absence de la discrimination, «non seulement à l'égard des candidates musulmanes mais aussi à l'égard des candidates juives».

  • Vers plus de solidarité

    Il est important de caractériser sommairement le seul cas essentiel où la solidarité fondamentale soit encore, sinon directement niée en principe, du moins profondément méconnue, et même radicalement négligée, en réalité. Ce cas est, malheureusement, le plus important de tous, puisqu'il concerne directement l'organisation sociale proprement dite, dont la théorie continue jusqu'à présent à être essentiellement conçue, d'une manière absolue et isolée, comme indépendante de l'analyse générale de la civilisation correspondante, dont elle ne peut cependant que constituer l'un des principaux élémens. Un tel vice appartient presque également aujourd'hui aux écoles politiques les plus opposées, soit théologiques, soit métaphysiques, qui toutes s'accordent ordinairement à disserter abstraitement sur le régime politique, sans penser à l'état co-relatif de civilisation, et aboutissent même le plus souvent, dans leurs vaines utopies immuables, à faire coïncider leur type politique le plus parfait avec l'enfance plus ou moins prononcée du développement humain. Pour mieux apprécier, d'un seul aspect, dans toute sa portée, l'ensemble de cette aberration habituelle, il faut, ce me semble, en poursuivant le cours rigoureux d'une exacte analyse historique, remonter jusqu'à sa véritable source philosophique, qui consiste essentiellement, à mes yeux, dans ce fameux dogme théologique où l'on rattache le développement général de la civilisation humaine à une prétendue dégradation originelle de l'homme. Ce dogme fondamental, que toutes les religions reproduisent, sous une forme quelconque, et dont la prépondérance intellectuelle devait toujours être secondée spontanément par le penchant ordinaire de notre nature à l'involontaire admiration du passé, conduit, en effet, d'une manière directe et nécessaire, à faire constamment coïncider la détérioration continue de la société humaine avec l'extension croissante de sa civilisation. Quand la philosophie théologique est graduellement passée à l'état métaphysique, ce dogme primitif a de plus en plus tendu à se transformer finalement, comme je l'ai déjà indiqué, en cette célèbre hypothèse, radicalement équivalente, qui sert encore de principale base systématique à la politique métaphysique, d'un chimérique état de nature, supérieur à l'état social, et dont le développement de la civilisation nous éloigne toujours davantage. On ne saurait ainsi méconnaître l'extrême gravité philosophique, et par suite même politique, d'une aberration aussi profondément enracinée dans l'intime constitution scientifique des diverses doctrines existantes, et qui, sans être désormais directement formulée et soutenue en principe général, continue cependant à dominer essentiellement l'ensemble des spéculations sociales, souvent d'ailleurs à l'insu de la plupart de ceux qui s'y livrent.