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  • Le problème démographique et la paix dans le monde

    Quel choc ! Il y a peu, je me suis rendu à Bordeaux pour y suivre un congrès absolument captivant. Captivant, car l'une des idées qui y était défendue était que la question du terrorisme était avant tout une simple question... de transition démographique. La démographie pouvait en effet être utilisée pour expliquer l'instabilité qui caractérise certains pays. Tout le problème reposerait en fait sur un excédent de jeunes. Une population ayant une croissance rapide se caractérise par une croissance substantielle de la proportion de jeunes, et ce surcroît de jeunesse a un effet domino pervers. En effet, dans un marché du travail saturé par la jeunesse, les chances d'un jeune de trouver un travail sont mathématiquement très amoindries. Auparavant, beaucoup de jeunes seraient morts avant d'avoir cinq ans. Mais comme la mortalité infantile a fléchi, ils atteignent l'adolescence. Cette hausse foudroyante du nombre de jeunes conduit naturellement à une flambée foudroyante du chômage des jeunes. Le taux de chômage est ainsi la plupart du temps dans les pays en développement 5 fois plus élevé chez les jeunes que chez les autres tranches d'âge ! La précarité économique des garçons, pour peu qu'elle se combine à une idéologie radicale, conduit vite à un risque de radicalisation à grande échelle. A preuve : les guerres sont souvent faites par des garçons, qui ne possèdent ni biens ni statut, et non pas par des pères de famille ayant un statut social et des biens. Les guerres sont ainsi beaucoup plus fréquentes dans des sociétés dites jeunes que dans des sociétés plus matures. Ce propos cassait l'idée qui voudrait que certaines régions du monde soient plus violentes que d'autres. Dans les faits, la société occidentale a connu les mêmes avant que n'intervienne sa transition démographique. Pour conclure, j'aimerais faire un peu de pub pour l'agence qui a monté ce congrès à Bordeaux. J'ai tout spécialement apprécié le professionnalisme dont ils ont fait preuve. Si vous souhaitez en apprendre d’avantage, je vous renvoie à l’agence séminaire à Bordeaux, organisatrice de cette manifestation.

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  • L'énigme de l'Arabie

    Lancé en 2000, le projet de 750 millions de riyals (176 millions d'euros) consiste, en plus de l'édification du centre Abdelwahhab, à réhabiliter Atturaif, un site de maisons aux murs d'argile berceau de la dynastie des Al-Saoud. Sur cette photo, un ouvrier asiatique travaille à la restauration. Aux portes de Ryad, s'élève la silhouette massive du futur centre de recherche dédié au wahhabisme, une branche de l'islam considérée comme inflexible, intolérante et immuable. Le bâtiment fait partie d'un ambitieux projet de développement piloté par le roi Salmane d'Arabie saoudite. Il se dresse au centre du quartier Addiriyah, où vécut le prédicateur Mohammed ben Abdelwahhab qui noua une alliance à l'origine de la naissance du premier État saoudien au XVIIIe siècle. Cette alliance avec un chef local, Mohammed ben Saoud, jeta les bases de l'Arabie saoudite d'aujourd'hui et de sa doctrine rigoriste. La volonté de préserver l'héritage du prêcheur signifie que le wahhabisme reste au coeur de l'âme saoudienne même si cette doctrine est accusée d'alimenter l'extrémisme sunnite. Le centre va renfermer des documents, des livres et une médiathèque pour les chercheurs qui s'intéressent au prédicateur Mohammed ben Abdelwahhab et à son message. Lancé en 2000, le projet de 750 millions de riyals (176 millions d'euros) consiste, en plus de l'édification du centre Abdelwahhab, à réhabiliter Atturaif, un site de maisons aux murs d'argile berceau de la dynastie des Al-Saoud. Le roi Salmane possède un palais surplombant ce site où vécurent ses ancêtres et qui est maintenant classé au patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO. Ces travaux doivent être achevés fin 2016. Une fois terminé, le complexe abritera cinq mini-musées dépeignant la vie sous le premier État saoudien (1744-1818) qui tomba sous les coups des envahisseurs ottomans et égyptiens. Le centre Abdelwahhab a «une importante valeur historique», explique à l'AFP Abdallah Arrakban, directeur de la commission de développement. Il défendra la «vérité» sur l'oeuvre de Mohammed Abdelwahhab, que les médias décrivent comme un «tueur et un va-t-en-guerre, mais je pense que c'est faux». Le prêcheur a défendu, aux yeux de M. Arrakban, le Tawhid (unicité de Dieu) en opposition au culte des saints, au chiisme, à la représentation des êtres vivants, et prôné l'application de la charia (loi islamique), pour un retour à l'islam originel tel qu'il était pratiqué à ses débuts. L'architecture du futur centre reflète ce rigorisme, l'austérité des imposants blocs de calcaire des façades n'étant rompue que par des passerelles en verre. Mohammed Abdelwahhab a noué dès 1740 l'alliance qui a légitimé les Al-Saoud. En contrepartie, ces derniers ont mis en oeuvre sa doctrine. Cette alliance se perpétue aujourd'hui avec une famille royale qui garde la main haute sur la vie politique et laisse les religieux imposer de stricts codes de conduite. Dans ce pays ultraconservateur, la mixité est interdite, la femme n'a pas le droit de conduire, les salles de cinéma et la consommation d'alcool sont bannies. La doctrine wahhabite est également accusée d'inspirer les organisations jihadistes comme Al-Qaïda ou le groupe Etat islamique (EI). Irfan al-Alawi, cofondateur de la Fondation du patrimoine islamique basée à la Mecque, dénonce «l'hypocrisie» qui consiste à honorer Abdelwahhab et préserver Addiriyah en laissant dépérir des sites historiques dans le reste du pays. En accord avec l'enseignement de Abdelwahhab contre l'idolâtrie, les autorités ont délaissé des sites liés au prophète Mahomet dans les villes saintes de La Mecque et Médine, a-t-il ajouté. Certains ont déjà disparu dans les opérations d'aménagement urbain. Pour lui, des liens existent entre la pensée wahhabite et l'EI. «Vous avez l'idéologie wahhabite et puis vous avez ses ramifications qui sont devenues encore plus extrêmes». Pourtant, «l'Arabie saoudite n'a rien à voir avec l'EI», estime Stéphane Lacroix, professeur à Sciences Po à Paris, notant qu'Abdelwahhab a laissé la politique aux politiciens. «Le pouvoir politique met un certain nombre de contraintes sur l'autorité religieuse qui en un sens limite (...) le radicalisme», souligne-t-il. Une partie de la jeunesse du pays «ne se sent pas vraiment wahhabite» dans une société exposée aux influences modernes. Dans un parc ouvert près du site d'Atturaif, des habitants de Ryad ont pris l'habitude de se promener. Tarek al-Mouaiseb, un banquier de 24 ans est venu explorer les ruines pour voir «comment nos grands-pères ont vécu». En photographiant la mosquée Abdelwahhab, une réplique moderne du vieux lieu de prière, il ne manque pas de constater que le prédicateur a «laissé une grande empreinte sur le pays».

  • Les limites de la liberté

    Une difficulté psychologique et morale, c'est celle des limites, conditions et variations intérieures de la liberté. Quelques auteurs ont admis à la fois le libre arbitre et la solidarité, qui n'est qu'un autre nom du déterminisme; ils sont allés jusqu'à croire: 1o que le libre arbitre est lui-même solidaire; 2o que, tout en s'exerçant dans le monde phénoménal et non dans le monde nouménal, il a «des manifestations phénoménales déterminées par les lois de la nature», comme la liberté nouménale de Kant; enfin qu'il y a des «degrés» et une simple «virtualité» dans le libre arbitre. Ces assertions ne sont pas faciles à concilier. Aussi M. Renouvier lui-même les rejette; mais n'aboutit-il pas à son tour à l'antinomie du libre arbitre insolidaire et de la solidarité? Pour lui, la puissance des contraires, dût-elle ne se présenter qu'une fois réellement et dans la vie d'un seul homme, «cette puissance-là passant à l'acte serait toujours un absolu sui generis, échappant à toute solidarité en tant qu'elle s'exerce.» Mais il ajoute que, si le libre arbitre est inconditionnel, il a cependant des «conditions d'existence» qui doivent être «données» et des «conditions d'exercice» qui sont «les éléments, les mobiles et les moyens.»—Que reste-t-il alors en propre à cet «absolu sui generis,» qu'on nous représentait tout à l'heure comme pouvant lui-même au moins se donner ses «mobiles et motifs?» Ce résultat semble d'ailleurs inévitable quand, avec le criticisme phénoméniste, on cherche une liberté inconditionnelle dans les phénomènes, qui sont par essence conditionnés. On a beau répondre que l'acte libre est seulement celui qui n'est pas «entièrement prédéterminé,» entièrement solidaire, et que «le fait du commencement absolu,» de l'insolidarité, «est ici resserré dans d'étroites limites;» les limites qui entourent un mystère ne font rien à son énormité intrinsèque; une petite création spontanée sur un petit point de l'univers, un petit fiat lux ou un petit fiat motus est aussi incompréhensible que la création du monde entier; donnez-moi ce pouvoir dans des limites aussi étroites que vous voudrez, et je referaile monde mieux qu'Archimède avec son point d'appui. De plus, nous demanderons de nouveau comment il peut y avoir des limites à un commencement absolu, une relation limitant l'absolu?