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  • Nature revival

    Dernièrement, je me suis rendu à Agay où j'ai eu l'occasion de réaliser une sympathique excursion en quad. Et comme souvent lorsque je respire l'air frais de la nature, je me suis demandé ce qui nous attire tant dans les villes, au fond. L'être humain est un animal assez insensé. Il se regroupe en masse dans les villes, dans des coins où l'on vit les uns sur les autres, alors que la campagne offre un cadre de vie tellement plus agréable. C'est assez extraordinaire, à mes yeux. Il est certain que la vie urbaine offre différents bénéfices pratiques. Demeurer en ville permet par exemple d'avoir une école à proximité pour les enfants, ou encore une supérette à portée de main. Mais est-ce pour autant un choix raisonnable ? Un environnement qui ne provoque pas d'allergies à cause de la pollution me semble un peu plus important, en la matière. Et à mon avis, la désertification des campagnes qui se déroule depuis si longtemps sera bientôt de l'ordre du passé. Dans les films d'anticipation, l'être humain s'entasse systématiquement dans des villes sans fin. Mais je suis convaincu pour ma part que c'est là un pur fantasme d'auteur. En toute logique, les cités ne cesseront de croître. Et dans les pays en développement, les paysans continueront bien sûr leur exode dans l'espoir de sortir de leur misère. Mais dans les pays riches, ce sera plutôt le contraire, je pense : les personnes vont de manière générale préférer la campagne. Toutes les conditions sont déjà réunies : la connectivité fait que l'on peut travailler sans quitter le domicile ; on peut se faire livrer ses courses à sa porte ; et à l'avenir, l'enseignement se fera selon toute vraisemblance aussi depuis chez soi. Les solutions existent donc. Et puis, il y a une vraie volonté des gens d'aller dans cette direction. Les néo-ruraux sont de plus en plus nombreux, les gens dans leur ensemble adoptent d'autres habitudes. La campagne, qui était autrefois un lieu de pauvreté, est en passe de devenir un lieu très demandé. Et les métropoles elles-mêmes seront nettement plus natures que ce que laissent entendre les auteurs de science-fiction ! Pour terminer, je vous invite à tester le quad, si vous n'avez jamais eu l'occasion d'essayer. Une sortie en quad est un excellent moyen évacuer les tensions du bureau. Pour plus d'informations, vous pouvez jeter un oeil à ce site qui propose une diversité de randonnée en quad.

  • Le prix de la déconnexion

    La course mondiale à la domestication du capitalisme est en marche. En France, le « droit à la déconnexion », entré en vigueur le 1er janvier dernier, contraint les entreprises de plus de 50 salariés à négocier de manière explicite comment leurs employés gèrent leur disponibilité en dehors des heures de bureau. En 2016, les législateurs sud-coréens ont présenté une proposition de loi similaire. Ce mois-ci, un membre du congrès des Philippines a instauré une mesure allant dans le même sens, avec le soutien d’un puissant syndicat local. D’autres lois semblables devraient bientôt suivre, d’autant qu’un certain nombre de grandes entreprises, comme Volkswagen ou Daimler ont déjà fait des concessions, sans attendre que l’État légifère en la matière. Que penser de ce nouveau droit ? Connaîtra-t-il le sort du « droit à l’oubli », cette autre mesure moderne qui prétend offrir une compensation aux usagers dérangés par les excès du capitalisme numérique ? Ou n’est-il qu’une manière d’avaliser l’existant, en donnant de faux espoirs, sans s’attaquer à la dynamique profonde de l’économie mondiale ? Lire aussi Rachel Saada, « Le code du travail, garant de l’emploi », Le Monde diplomatique, janvier 2016. Commençons par une clarification sémantique. Ne nous méprenons pas sur le sens de cette expression ambiguë de « droit à la déconnexion », qui désigne le privilège de ne pas répondre aux emails professionnels en dehors des heures de bureau. Prise telle quelle, une définition si limitée exclut une flopée d’autres relations sociales pour lesquelles une déconnexion permanente ou temporaire des personnes en position de faiblesse serait souhaitable : dans ces cas de figure, l’injonction à la connexion est synonyme de profit pour certains et d’abus de pouvoir pour d’autres. Après tout, la connectivité n’est pas qu’un moyen d’exploitation, mais aussi de domination : l’aborder uniquement à l’aune du code du travail n’est donc pas suffisant. Prenons par exemple toutes les données que nous produisons par le biais des villes, des maisons ou même des voitures « intelligentes ». Tout le monde connaît désormais leur valeur, à commencer par les compagnies d’assurance qui réduisent volontiers leurs franchises ou les start-up de la finance qui accordent des taux d’emprunt préférentiels… à condition de leur céder nos données. Les institutions publiques aussi utilisent notre présence sur les réseaux sociaux pour nous juger. Les douaniers américains par exemple, ont commencé à demander aux ressortissants des pays exemptés de visa de leur communiquer leurs noms d’utilisateurs sur leurs comptes YouTube, Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn, etc. A-t-on vraiment les moyens de se déconnecter des compagnies d’assurance, des banques et des services d’immigration ? En principe, oui, si l’on peut assumer les coûts sociaux et économiques croissants de la déconnexion et de l’anonymat. Ceux qui souhaitent se déconnecter finiront par devoir payer ce privilège : taux d’emprunt plus élevés, contrats d’assurance plus onéreux et plus de temps perdu à essayer de convaincre les douaniers de leurs bonnes intentions. Par ailleurs, si l’avenir donne raison aux prophètes du travail numérique, qui prédisent que nous produisons des données d’une immense valeur économique par la simple utilisation des services Internet les plus courants, alors répondre à ses emails personnels constitue aussi une forme de « travail ». Bien entendu, lorsqu’on utilise les réseaux sociaux on a moins l’impression de trimer que d’être en proie à une forme d’addiction (1). Une addiction qui a pourtant des origines parfaitement tangibles : les plateformes qui retiennent notre attention sont précisément conçues pour nous prendre en otage et nous faire divulguer, clic après clic, autant de données que possible. Si elles génèrent tant d’addiction, c’est parce qu’elles sont minutieusement optimisées et testées sur des millions d’utilisateurs afin d’entretenir une dépendance durable.

  • Une chute qui n'en finit pas

     

     
    Voici un homme poursuit sa course présidentielle, malgré la situation catastrophique dans laquelle il est embourbé. On lui reproche d'avoir détourné de l'argent ? Il continue. Il ne peut faire campagne sans être reçu par des bruits de casseroles ? Il s'accroche. Sa femme n'avait même pas de badge d'assistante parlementaire ? Il s'accroche. Son équipe de campagne le lâche ? Il maintient sa candidature ! Chaque revers lui fait montrer les dents. Il veut faire passer ça pour du courage, il s'érige en résistant.  Mais se rend-il compte des dégâts qu'il fait ? Lorsqu'il poursuit sa campagne malgré les soupçons, il humilie la France, et ce jusque dans la presse internationale. Dans beaucoup d'autres pays, un politicien n'aurait pu continuer sa campagne plus de quelques heures après le début de cette affaire. Quand il bafoue la promesse qu'il avait donnée au journal de 20 heures, il met à mal toute la sphère politique. La confiance des gens à l'égard de leurs élus n'était déjà pas très consistante, mais Fillon n'a fait que mettre de l'huile sur le feu. Lorsqu'il parle d'assassinat politique, il est carrément ridicule : c'est le principe même de justice sur lequel il crache. Quand il annonce qu'il continuera malgré les défections dans son camp, il se comporte plus mal, à certains égards, qu'un Donald Trump ! Je ne comprends pas pourquoi Fillon continue. Entend-il tenir jusqu'au 17 mars où plus aucun républicain ne pourra prendre sa place ? Souhaite-t-il gagner l'immunité que lui donnerait la fonction suprême ? Pense-t-il vraiment qu'un député qui fait preuve de si peu de droiture, revient sur sa parole et diffame la justice serait un président efficace ? Pour moi, le Droopy est le pire fléau qu'aient connu les Républicains.