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Les moustiques

Exemple le plus régulièrement cité lorsqu’il s’agit de mettre en avant des nuisances relatives aux milieux humides, la présence de moustiques a souvent conduit la population à considérer les espaces tels que les marais ou les tourbières comme insalubres et vecteurs de maladies. Bien que, parmi les 3 500 espèces de moustiques vivant dans le monde, seules 200 environ s’attaquent aux êtres humains (Foussadier, 2016), ces insectes peuvent en effet être impliqués dans des cycles de transmission de virus en jouant le rôle de vecteur depuis un réservoir porteur d’un agent pathogène vers un hôte. Des cas de paludisme étaient encore recensés, au cours du XIXe siècle, dans les milieux humides de Sologne, de Camargue et en Dombes (Roche et Vittecoq, 2016). Plus récemment, l’arrivée puis la progression du moustique tigre (Aedes albopictus) du sud-est vers le nord de la métropole, ainsi que son adaptabilité aux milieux urbains, ont fait renaître la défiance de la population vis-à-vis des moustiques, notamment en termes de transmission de virus tels que la dengue, le chikungunya et le zika (Roche et Vittecoq, 2016). Outre les atteintes sanitaires directes aux êtres humains, la présence de moustiques en milieux humides peut représenter une source générale d’inconfort qui peut entraver le développement touristique, comme en atteste l’exemple historique du littoral méditerranéen. Enfin, parce qu’ils s’attaquent également au bétail, les moustiques peuvent également constituer une contrainte pour les activités agricoles. Au-delà des dépenses individuelles de protection (diffuseurs électriques, aérosols, répulsifs cutanés, bracelets, etc.) consenties par la population, des mesures correctrices et d’adaptation plus globales ont régulièrement été mises en place pour faire face à cette contrainte. Ainsi, dès 1964, on note l’apparition d’un premier cadre juridique en métropole visant à instituer une lutte contre les moustiques, dans le but de favoriser le développement du tourisme dans la frange littorale du Languedoc-Roussillon (Cizel, 2016). Des actions de démoustification et d’assèchement des milieux humides ont ainsi été pratiquées de manière récurrente en métropole. L’approfondissement des connaissances sur les milieux humides et sur l’importance de préservation de la biodiversité a, depuis plusieurs décennies, fait naitre de nombreux débats quant aux conséquences réelles de ces actions correctrices, sans que la recherche ne parvienne toujours à trancher de manière définitive sur l’importance des populations de moustiques dans le réseau trophique et la chaîne alimentaire. Ainsi, de récents travaux américains ont estimé que la disparition des moustiques, se déplaçant en été sous la forme de vastes nuages sur la toundra arctique du nord du Canada et de la Russie, aurait pour conséquence de diviser par deux le nombre d’oiseaux migrateurs sur ces mêmes territoires. En France, des études conduites en Camargue ont étayé que la reproduction d’hirondelles de fenêtres ou les effectifs de libellules se trouvaient perturbés par l’usage de larvicides dans le cadre des opérations de démoustication (Foussadier, 2016). Toujours en Camargue, ces mêmes études ont démontré que les populations d’araignées étaient également largement affectées par les traitements permettant de lutter contre les moustiques (Poulin, 2016).

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